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Un Conte de Feu et de Sang

Johan III (FR1)Johan III (FR1) FR1 Messages: 1
Modifié (16.06.2021) dans Le coin des artistes
En ces temps sombres où la guerre est la norme et la paix l'exception, le Grand Empire se retrouve confronté à la menace des royaumes extérieurs. Des plaines gelées du Glacier Éternel aux archipels sauvages des Îles Orageuses, en passant par les déserts arides des Sables Brûlants et la désolation des Pics de Feu, de nouvelles menaces ont émergé et menacent la stabilité de l'Empire. Le roi Eric d'Engelsburg a ordonné à ses vassaux d'établir places fortifiées et forteresses dans ces royaumes étrangers afin de contrer les menaces d'invasions. Les populations locales sont soumises par le glaive mais cela suffira-t-il à protéger le Grand Empire des pouvoirs grandissant autour de lui ?

Chapitre 1 - Au cœur d'une nuit glacée

Karl observait le ciel, perdu dans ses pensées. La nuit était claire, les étoiles scintillaient comme des milliers de joyaux incrustés dans la voûte céleste. Plus bas dans le ciel, les lueurs nordiques ondulaient tel un serpent géant dont on ne voyait ni la tête ni la queue. Cette nuit là elles étaient vertes, mais selon les nuits elles pouvaient être pourpres, bleues et très rarement on pouvait les observer violettes. À en croire les nordiques, ces lueurs étaient en réalité les esprits des défunts qui accomplissaient leur traversée vers les royaumes des morts. Il était dit que lorsqu'elles étaient pourpres, c'étaient les guerriers et les guerrières couverts de gloire qui traversaient les cieux pour rejoindre le royaume du Dieu Guerrier. Lorsqu'elles étaient bleues, c'étaient les âmes saintes des serviteurs des dieux qui rejoignaient le royaume de la Déesse Mère, créatrice de tous les êtres vivant en ce monde. Quand les âmes des damnés passaient dans l'Au-Delà pour rejoindre le royaume du Dieu Vengeur, les lueurs brillaient d'une teinte violette. Les nordiques disaient que ces lueurs-ci étaient signe de mauvaises choses à venir et les paysans allaient jusqu'à sacrifier une de leurs bêtes et offrir leur sang aux dieux pour calmer leur colère. Quant aux lueurs vertes, celles qu'on observait le plus souvent, Karl n'avait jamais entendu ce que les légendes disaient de celles-ci. Peut-être s'agissait-il du commun des mortels, ceux qui ne s'étaient ni illustré au combat, ni offert leur vie aux dieux, ceux qui menaient une existence paisible et qui n'avaient commis aucun crime que les dieux jugeraient punissable. "Peu importe" se disait Karl, "ce ne sont que des lueurs faiblardes dans le ciel après tout. Étranges certes mais pas au point d'en venir à de telles sornettes."

Karl se ressaisit soudainement. Il était de garde cette nuit là et même si le froid le glaçait jusqu'à l'os et que la fatigue commençait à se faire sentir, il devait rester vigilant. Pourtant il ne pouvait s'empêcher de contempler le ciel nocturne. C'était ce qu'il y avait de plus beau depuis qu'ils étaient arrivés dans les contrées du Glacier Éternel. Pour Karl, c'était peut-être même la seule chose belle qui existait dans cet étrange pays. La terre était si froide et dure que presque rien n'y poussait si ce n'était de l'orge, des pommes de terre et des navets. Les autochtones étaient aussi froids et rudes que les terres qu'ils cultivaient. S'il pouvait rebrousser chemin et retourner dans son village natal, dans les plaines vertes et fertiles du Grand Empire, il l'aurait fait. Si seulement les nomades n'avaient pas envahit l'Est de l'Empire, Karl serait là-bas sous un soleil généreux, guidant son troupeau. Lui et ses deux frères avaient fui leurs champs dans le comté de Grenwald. Ils ne pouvaient aller ni vers le Sud ni vers l'Est du Grand Empire car les nomades avaient envahi ces terres là. Ils ne pouvaient pas non plus aller vers l'Ouest, car le comté voisin d'Ansberg leur était hostile. Ils ne pouvaient que fuir vers le nord et traverser le grand pont de glace qui reliait le Grand Empire au Glacier Éternel. Le sud du Glacier Éternel avait été conquis par des seigneurs du Grand Empire, sous les ordres du roi Eric II. Les populations de ces terres étaient donc moins hostile car les colons y cohabitaient avec les autochtones nordiques. Cela faisait maintenant deux pleines lunes que Karl, ses frères, leur chariot et leurs deux chèvres s'arrêtaient de village en village. Les nordiques leur avaient parlé d'un fort du nom d'Eisburg qui accueillait de nouveaux arrivants. "Eisburg sera notre destination finale" avait décidé Arnold, l'aîné de la fratrie. Seraient-ils en sécurité là-bas ? Ils ne pouvaient que l'espérer.

Les premières lueurs de l'aube commençaient à peine à apparaître lorsque les hurlements des loups réveillèrent Karl et ses deux frères. "Ceux-ci sont proches" observa Alfred, le plus jeune des trois. Alfred venait à peine d'entrer dans sa quatorzième année lorsqu'ils fuirent leur village. Il était alors encore un enfant mais leur long périple et la brutalité de ces contrées étrangères l'avaient transformé. Des poils de barbe étaient venu noircir ses joues pâles et creusées par le manque de nourriture. "Mieux vaut décamper sans plus tarder" pressa Arnold l'aîné. En l'espace de quelques minutes, ils recouvrirent les braises de neige et chargèrent leurs fourrures sur leurs chariots. Karl détacha les chèvres d'un arbre, prêt à partir. Avant d'entrer dans la forêt, il avait pris soin de retirer les cloches qui étaient attachés au cou de leurs chèvres afin d'éviter que leurs tintements n'attirent les loups ou n'importe quelle horrible créature pouvant roder dans ces bois. Ils n'avaient pas à craindre une quelconque attaque de bandits nordiques car rares étaient les hommes qui osaient s'aventurer dans ces denses forêts de pins. Karl et ses frères auraient pu contourner la forêt pour arriver à Eisburg, évitant ainsi d'avoir à affronter ses dangers. Mais cela leur aurait demandé encore trente jours de voyage et leurs bêtes étaient exténuées, affamées et trop éprouvées par le froid glacial. Eux-mêmes étaient à bout de souffle, ils ne pouvaient se permettre de voyager pendant encore trente jours et ils avaient donc choisi de traverser cette forêt, à leurs risques et périls. Lorsqu'ils s'étaient arrêté dans un village en bordure des bois pour y passer la nuit, les habitants leurs avaient dit qu'ils ne devraient compter que dix jours de marche pour atteindre Eisburg. Karl avait compté, c'était le treizième.

Alors que le soleil avait atteint son point le plus haut au-dessus de l'horizon, Karl remarqua une odeur étrange, comme un mélange de bois brûlé et de sang. Karl urgea Arnold de faire halte. Arnold le regarda. Le regard du jeune homme aux cheveux châtains et bouclés témoignait de son épuisement. Pourtant Karl remarqua que ses yeux dégageaient encore une certaine vivacité. En tant qu'aîné, Arnold avait toujours eu pour devoir de protéger ses frères, depuis le moment où ils avaient cessé de se nourrir du sein de leur mère. Leur père, un paysan pauvre mais très travailleur, avait été enrôlé de force dans l'armée du compte de Grenwald pour combattre l'invasion nomade. Comme beaucoup d'autres, il ne revint jamais. La tâche incomba alors à Arnold de protéger sa mère et ses frères des dangers extérieurs. C'est Arnold qui avait décidé de quitter le village, quand bien même leur mère s'opposa à cette idée. Cette dernière ne survécut pas au voyage. Elle fut emportée par le froid alors qu'ils traversaient le pont de glace. Arnold, alors rongé par la culpabilité, n'avait plus que Karl et Alfred et il se jura de les protéger quitte à sacrifier sa vie pour ne plus avoir à affronter la perte d'un autres membre de sa famille. "Nous n'avons pas le temps Karl" rétorqua Arnold lorsque Karl lui demanda de s'arrêter. "Je ne sais même pas combien de temps il nous reste avant d'atteindre Eisburg et les bêtes vont sûrement mourir si on ne presse pas le pas." Karl, bien qu'intrigué par cette odeur et d'où elle pouvait provenir ne répondit pas. Tous les trois reprirent leur marche, s'efforçant d'avancer aussi vite que possible. La douleur dans leur jambe se faisait bien sentir. Elle était par moments si forte qu'ils avaient l'impression que leurs os allaient craquer. Pourtant Karl sentait que leur objectif était tout proche. Il voyait déjà un feu de cheminée auprès duquel ils pourraient réchauffer leurs mains et leurs pieds glacés et meurtris par le voyage. Il sentait déjà l'odeur d'un bol de ragoût de légumes bien chaud, avec une corne remplie de cervoise pour l'accompagner.

Quand la couleur du ciel avait pris la teinte jaune orangée du crépuscule, Arnold se figea soudainement en pointant du doigt l'horizon. Un frisson de peur parcouru le corps de Karl, croyant que son frère avait aperçu un danger. C'est là qu'il la vit aussi, la lisière de la forêt. Le soleil couchant projetait les grandes ombres des derniers arbres. Dans un élan de joie et d'espoir retrouvé, les trois frères oublièrent le froid et la douleur le temps d'un instant et coururent vers la lisière. Ils se trouvaient sur une colline qui surplombait des plaines de glace s'étendant à perte de vue. Le paysage qui s'étendait sous leurs yeux baignait dans la lumière du crépuscule. La pente de la colline sur laquelle ils se trouvaient était abrupte et la descente allait être périlleuse. Non loin du pied de la colline se trouvait une petite forteresse protégée par des murs et des tours en bois. Ils pouvaient distinguer les toits de chaume et les cheminées des habitations à l'intérieur de la cour. Au milieu se trouvait un donjon, également en bois, la résidence du seigneur des lieux. Autour de la forteresse se trouvaient quelques champs et des huttes éparpillées, typiques des villages nordiques. "Eisburg, mes frères" déclara Arnold, souriant et les yeux remplis de joie. Karl ne se souvenait même plus de la dernière fois qu'il avait vu son frère sourire. "Ne perdons pas plus de temps, la descente sera difficile et nous la ferons de nuit." Les trois frères et tout leur attirail entamèrent donc leur descente vers leur destination finale alors que les derniers rayons de soleil se dissipaient lentement dans le ciel.

À suivre...
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